Essai: Audi RS5 – Race en voie de disparition?

Peu à peu, les V8 s'en vont de sous les capots de berlines ou coupés "raisonnables" pour laisser la place à des V6 suralimentés.

C'est peut-être une bonne chose, mais comment résister à l'essai d'une des dernières V8 qui ne soit pas une supercar? Ca peut sembler étrange d'évoquer le downsizing lorsqu'on passe d'un V8 à un V6 biturbo, mais c'est pourtant bien de cela qu'il s'agit. Car le véritable but n'est pas de revoir des performances à la baisse, bien au contraire, mais plutôt de les associer à des émissions de CO2 plus acceptables.

V8 Power!

C'est donc bien un bon gros V8 que l'Audi RS5 cache sous sa robe. Un 4.2 pour être précis, lâchant 450 ch.

Pour envoyer tout cela en destination de l'asphalte et pouvoir exécuter le 0-100 en 4,6 secondes, le moteur est associé à une boîte S Tronic à double embrayage. A partir d'un certain niveau de puissance, Audi préfère avoir recours aux quatre roues motrices. La RS5 reçoit donc tout naturellement la transmission Quattro qui peut, en cas de besoin (ou de provocation joueuse) envoyer jusqu'à 85% de la motricité au pont arrière.

Sportswear

Si on est amoureux des lignes raffinées de l'A5, on peut être choqué par le traitement réservé à la RS5. Posée 2 cm plus proche du sol sur ses jantes 20'' (une option à plus de 2.000€), avec son énorme double sortie d'échappement ovale, son pseudo-diffuseur et son spoiler de coffre rétractable, il faut reconnaître que la voiture perd un peu en distinction, sans vraiment gagner en charisme. Cela étant, la RS5 reste une (très) belle auto et avec la bonne couleur, la faute de goût sera aisément évitée.

Dans l'habitacle, les choses sont dosées avec équilibre. Autant on peut regretter le relatif anonymat d'un intérieur de TT-RS par rapport à une TT"ordinaire", autant tout est ici à sa place. Un logo RS sur le volant, un pommeau de vitesse spécifique, des touches de carbone et surtout des sièges sport parfaitement exécutés suffisent à placer une ambiance "Gentleman Driver".

Action

Quand le bouton Start réveille le V8, le Gentleman cherche le coin de route où il pourra devenir Grand Méchant Loup. En attendant, il parcourt la ville avec l'Audi Drive Select (réglages de l’amortissement, de la direction, de la boîte, du différentiel central autobloquant, de la réponse moteur et de la sonorité) en mode confort. La RS5 évolue alors avec douceur (à part un amortissement un peu ferme) et en silence. C'est d'ailleurs le seul défaut de ce moteur: il pêche par discrétion tant qu'il n'est pas cravaché, quand d'autres voitures à moteur V8 sont un évènement permanant grâce à une sonorité un peu plus présente. Ici, on serait dans une 1.8T, ce serait pareil. Enfin, si ce n'est que les mouvements du pied droit on un effet autrement plus ébouriffant, bien sûr.

Lorsque la route s'ouvre, que le mode Sport est sélectionné, le glougloutement du V8 se fait un peu plus présent, la réactivité est incroyable, la boîte est une réelle merveille qui obéit sans s'immiscer et on a qu'une envie: passer d'un virage à l'autre pour profiter d'une direction légère et précise, qui ne peut hélas pas gommer un sentiment de manque d'agilité. Sentiment, je dis bien. Car la RS5 est évidemment redoutable d'efficacité. Mais le Quattro pèse sur le train avant et on n'a donc pas dans les mains le nez léger et incisif dont on rêve. Mais soit. On l'oublie à la première ligne droite, quand on envoie l'aiguille du compte-tours chatouiller le rouge, vers 8.000. Là le moteur crie comme un guerrier d'acier. Et on n'a plus du tout envie de rentrer à la maison.

La RS5 démarre à 81.400€. Mais si on veut l'équiper comme il se doit (GPS, cuir, système audio haut de gamme…) la facture peut vite atteindre 95.000€.

Prêt pour la prochaine étape

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