Essai: Jaguar XFR-S Sportbrake – Transgressive

Désolé, Jaguar, d'avoir sérieusement entamé les pneus arrière. Désolé, chers voisins, du tonnerre produit par les échappements chaque fois que je quittais la maison. Désolé, chers passagers, pour les multiples dérapages rigoureusement contrôlés.

Mais c'est tout la faute à la Jaguar XFR-S Sportbrake! On dirait une sage familiale mais en fait, elle fait rien qu'à faire tout ce qu'elle ne peut pas faire! Et c'est trop bon… Comment peut-on envoyer 550 ch dans l'asphalte via les roues arrière? On peut pas. Si vous voulez notre avis, la XFR-S mérite d'être élue sans tarder "Drift Car Of The Year". Un petit coup de pied droit et zou, les gommes arrière ne demandent qu'à cirer. Et ce en première, deuxième ou troisième vitesse de la boîte auto séquentielle 8 rapports. Du jamais vu sur un break aux allures plutôt normales comme l'est au fond la XF Sportbrake. Et peu comparable avec le reste de la sage famille XF.

"Dans ta face’

Ses 550 ch et 680 Nm, la XFR-S Sportbrake les tire d'un V8 5.0 litres à compresseur. La moyenne officielle est de 12,7 l/100 km (CO2: 297 g/km), et une moyenne réelle de 12 à 14 litres est envisageable moyennant une conduite normale, voire prudemment sportive. Et c'est bien ça le plus dur. Car la voiture peut bondir de 0 à 100 en 4,6 secondes et vous entraîne vers de franches parties de fun même quand ce n'est pas ce que vous aviez prévu au départ. La limitation électronique de 250 km/h des Audi, BMW et Mercedes? Ce gros chat-là s'en moque et plafonne à 300.

Comme un kart

Nous avons trouvé un peu chiche de ne pas disposer, sur une voiture de cette classe, de suspensions pilotées proposant des modes Sport ou Confort. Mais il faut admettre que le système Adaptive Dynamics, qui contrôle et adapte en permanence les suspensions aux conditions, atteint toujours un parfait équilibre entre confort et sportivité. Par ailleurs, la XFR-S est une voiture légère et directe, et c'est toujours un exploit que de maîtriser son popotin volage. Les sensations du karting ne sont jamais très loin.

Ange gardien

Le bouton le plus intéressant que l'on trouve à bord est celui du DSC, ou Contrôle Dynamique de Stabilité. Il permet de choisir entre trois réglages, dont le "Normal" intervient assez vite (sans pour autant empêcher un début de dérive de l'arrière), et dont le "OFF" est à réserver pour les jours où on a besoin de faire demi-tour très vite. Notre mode préféré est donc l'intermédiaire, dit "Track", ange-gardien idéal de celui qui veut explorer les limites en toute sécurité.

Furibond

Si l'on excepte la robe bleue de notre modèle d'essai, c'est surtout par le son de l'échappement que la XFR-S se fait remarquer. Imaginez-vous le feulement d'un chat sauvage furibond, juste avant qu'il ne sorte crocs et griffes… Le son de ce V8, c'est ça. Dans l'habitacle, ça sonne particulièrement bien et Jaguar n'a besoin d'aucune amplification ou autre artifice du genre pour nous réjouir les sens.

Dans les lignes?

A 113.500€, la XFR-S est évidemment le break familial le plus onéreux de la gamme Jaguar, et elle va devoir se mesurer aux AMG, RS Quattro et autres M de ce monde. Des rivales qui, soit dit en passant, utilisent leur cavalerie plus efficacement et qui sont bardées de bidules technologiques brillants. Ainsi par exemple, l'interface du système d'info-divertissement de la Jaguar est il tout juste "de notre temps". La XFR-S Sportbrake, c'est la voiture du rebelle qui n'a jamais voulu colorier sans dépasser les lignes.

Prêt pour la prochaine étape

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