Rapport: Infiniti se retire d'Europe – Chronique d'un échec… organisé ?

Alors qu'Infiniti évoquait encore fin janvier une transition au tout électrique de sa gamme Européenne, on a appris la semaine dernière que finalement, la marque retirait la prise.

Comprenez-bien : elle ne retire pas la prise sur l'électrique, mais bien sur toutes ses opérations européennes. Annoncé en grandes pompes en mai 2008, la commercialisation officielle d'Infiniti en Europe occidentale n'aura donc duré qu'une dizaine d'années, sans grand succès. Et il s'avéra assez tôt que c'était inéluctable…

Stratégie étrange

A l'évènement par lequel Infiniti officialisa sa présence européenne, nous avions déjà froncé les sourcils. Pas tant à cause du choix de créer un réseau très restreint de concessionnaires haut de gamme, ambiance feutrée, petit café, service valet pour les entretiens et tout le tralala, mais plutôt par celui de faire appel à des entrepreneurs privés, sans appui ni du réseau, ni des importateurs Nissan, maison mère d'Infiniti.

Une stratégie de distribution si élitiste, pour une marque comme Rolls, pourquoi pas ? Mais pour une marque ambitionnant de concurrencer le Big 3 allemand, c'est déjà bancal. Modestes, les gens d'Infiniti semblaient pourtant avoir conscience de l'ampleur du défi, se refusant par exemple à évoquer leurs objectifs de vente, "si faibles que vous vous moqueriez de nous", disaient-ils. Malgré cette apparente lucidité, Infiniti Europe est un échec.

Objectif Chine

Avec le recul, on a en fait l'impression qu'Infiniti n'a jamais vraiment essayé de percer en Europe, se contentant d'une présence symbolique. Et une autre phrase prononcée en 2008 aurait dû nous mettre la puce à l'oreille : "Avoir un nom en Europe est un facteur de réussite en Chine". Nous y voilà. Et aujourd'hui, quand on jette un œil aux ventes annuelles, tout s'éclaire.

Depuis 2008, Infiniti vendait en Europe entre 2.000 et 5.000 voitures par an. Il y eut un pic à quelques 13.000 en 2016 et 2017, grâce au lancement des Q30 et QX30, avant une rechute à 6.000 en 2018. En Chine, Infiniti tourne à quelques 26.000 unités par an depuis 2016. Bien sûr le marché et plus grand, mais les chiffres dont nous disposons ne reprennent que les deux modèles construits localement.

De là à penser qu'Infiniti n'a dragué la vieille Europe pour coucher avec la Chine, et qu'elle nous jette comme un Kleenex une fois installé dans le lit de la riche asiatique, il n'y a qu'un pas. C'est moche ! Et c'est d'autant plus triste pour nous que les Infiniti étaient vraiment des alternatives crédibles aux premiums allemandes. Mais si elle ne veut pas de nous, nous ne voulons pas d'elle. Bon vent !

Prêt pour la prochaine étape

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