Étude AutoScout24 : la voiture d’occasion française sous pression (2026)

Le premier semestre 2026 s'achève sur une note morose pour le marché français de la voiture d'occasion. Avec 2 628 474 immatriculations, le recul atteint 4,1 % par rapport à la même période en 2025. La comparaison avec 2019, dernière année de référence avant la crise sanitaire, fait encore plus mal : -9,4 %.
Difficile de retrouver le niveau d'avant-crise
En juin, le marché affiche certes un repli limité à 0,9 % pour 445 791 immatriculations, mais ce résultat est à nuancer : juin 2026 comptait deux jours ouvrés supplémentaires par rapport à juin 2025. Corrigé de cet effet calendaire, le mois accuse en réalité une chute de près de 10 %.
Pendant ce temps, le marché du neuf, lui, se porte mieux : +11,4 % en juin et +1,8 % sur le semestre. Une divergence qui ramène le ratio véhicules d'occasion / véhicules neufs à 2,36 en juin, son niveau le plus bas depuis décembre 2024. Le marché secondaire cède du terrain face au neuf — une tendance inhabituelle dans un contexte économique tendu.
L'électrique s'emballe, le diesel accélère son effacement
C'est là que le tableau se redresse. En juin, près d'un véhicule d'occasion sur cinq immatriculé en France est électrifié — hybride ou 100 % électrique. Les voitures entièrement électriques progressent de 72,9 % à 23 332 unités, avec une part de marché qui grimpe à 5,2 % contre 3,0 % un an plus tôt. La Renault Zoé reste le modèle le plus vendu en électrique d'occasion avec 2.636 immatriculations, devant la Peugeot e-208 (2.301) et la Fiat 500 électrique (1.405). Les hybrides classiques suivent avec +31,5 %, et les hybrides rechargeables progressent de +9,5 %.
Le diesel, à l'inverse, accélère sa sortie par la petite porte : -12,1 % en juin, avec une part de marché ramenée à 40,5 % contre 45,7 % l'an passé. La corrélation est particulièrement frappante sur les segments intermédiaires : les voitures de 6 à 10 ans chutent de 6,6 %, une baisse directement liée au diesel qui représente encore 45,8 % de ce segment. Même constat pour les 11-15 ans, où le gazole pèse encore 66,3 % des volumes et recule de 10,3 %. L'essence résiste mieux mais ne progresse pas davantage, perdant 2,3 % en juin.
Les vieilles autos cartonnent
Les véhicules de plus de 16 ans enregistrent la meilleure performance de tous les segments en juin : +7,8 % en volume et +8,8 % en part de marché, pour représenter désormais 28 % des immatriculations françaises d'occasion. À l'opposé, les voitures de 2 à 5 ans reculent de 1,1 %, et les segments 6-10 et 11-15 ans accusent chacun -6,6 %.
Dans un marché où le budget automobile reste sous pression, les acheteurs s'orientent vers ce qu'ils peuvent se permettre — qu'il s'agisse d'une vieille Clio ou d'une électrique d'occasion dont les prix s'ajustent. Et justement, les prix bougent. Le prix moyen d'une voiture d'occasion sur AutoScout24.fr est passé sous la barre symbolique des 30 000 € en juin.
Pour Vincent Hancart, Directeur Général d'AutoScout24 France, cette correction progressive des prix pourrait contribuer à relancer l'activité au second semestre — à condition que la mutation énergétique du parc continue de rendre l'occasion électrifiée accessible au plus grand nombre.
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