Prise de contact: Opel Corsa OPC – Enragée

Pour le plus grand bonheur des amateurs de bombinettes, il n'aura fallu attendre que quelques mois pour voir arriver la version sportive OPC de la nouvelle Corsa. Et c'est qu'elle mord, la vilaine!

Il suffit d'un regard pour comprendre que cette Corsa-là, elle est bien énervée. C'est l'une des constantes des versions OPC: un look qui annonce clairement la couleur. Boucliers musclés, prises d'air généreuses, jantes sportives 17'' en série, 18'' en option, capot orné d'une ouïe factice mais expressive, suspensions surbaissées de 10 mm, double sortie d'échappement, sièges sport Recaro en série… La totale. Si certains ont reproché à la Corsa d'être trop sage et de trop ressembler à sa devancière, qu'ils viennent le dire en face à l'OPC, s'ils osent!

Moteur gavé au Red Bull

Sous le capot, on retrouve l'excellent 1.6 Turbo qui équipe depuis quelques deux ans la plupart des Opel, et lui aussi a subi une cure d'agressivité. Performant mais typé douceur et linéarité dans ses versions normales, le 1.6 affiche ici un caractère bien trempé. Il annonce 207 ch à 5.800 tours et 245 Nm (jusqu'à 280 en Overboost) entre 1.900 et 5.800. Un couple qui semble assez modeste pour une petite sportive mais nous verrons plus loin qu'il y en a largement assez. La boîte est une manuelle 6, dont les ingénieurs ont soigné le guidage et raccourci la course pour des sensations plus sportives.

Pour accompagner cette boule de nerfs mécaniques, Opel a fait appel à des noms réputés dans le monde de la compétition… et du tuning: Koni pour les amortisseurs, Remus pour la ligne complète d'échappement et Brembo pour les freins (ces derniers uniquement avec l'OPC Extreme Performance Package à 2.400€). Tous les paramètres essentiels ont évidemment été revus: direction plus précise et communicative, excellente suspensions purement mécaniques mais pourtant adaptatives et aussi un ESP à trois mode de fonctionnement: normal, mode "Compétition" qui laisse libre cours à vos talents de pilote mais intervient en derniers recours lors des situations critiques, et OFF.

Différentiel

Autre constante des Opel OPC: un train avant qui, invariablement, est dépassé par ce que lui envoie le moteur, avec de fortes pertes de motricité pour conséquence. Pour être très honnêtes, toutes les voitures disponibles aux essais étaient équipées de l'OPC Extreme Performance Pack, qui comprend aussi un différentiel autobloquant strictement mécanique sur le train avant. Bien sûr ça change tout et impossible, du coup, d'être parfaitement sûr de ce que nous avançons concernant la motricité d'une version "de base". Mais le fait est qu'on sent bien (ce qui confirme au passage les qualités de communication de la direction) que c'est uniquement grâce à ce différentiel très "agressif" que le train avant trouve ses marques lors d'une sortie de virage couteau entre les dents. D'ailleurs, les légères mais nombreuses corrections qu'il faut donner dans le volant montrent que la voiture ne négocie pas tout sur des rails. Ceci n'est ni une Clio RS, ni une 208 GTI ou une Fiesta ST.

Mais au final, ce côté caractériel peut plaire à certains (dont moi) et la Corsa OPC, avec ce moteur vigoureux, cette commande de boîte sportive, son attitude générale, est une petite bête enragée qui a la faculté de vous graver un large sourire sur le visage. Un sourire qui s'effacera peut-être à la pompe: 7,5 litres de moyenne officielle (CO2: 174 g/km), difficilement moins de 10 litres si on se laisse contaminer par la rage de la voiture. Et croyez-le: vous aurez très envie qu'elle vous morde… Prix d'attaque: 23.800€.

Prêt pour la prochaine étape

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