Essai: Ford Mustang Bullitt – Flingue non compris

50 ans après la sortie du film, Ford rend hommage à l'un des plus grands rôles joués de sa Mustang. Promise depuis un long moment, voici enfin la nouvelle Mustang Bullitt.

Comme il se doit, elle habillée de "Dark Highland Green", repose sur des jantes 19'' Torq Thrust au look rétro et ne porte aucun badge Ford ou Mustang. Car pour l'anecdote, Ford avait jadis refusé d'apporter une contribution financière au film, et c'est en représailles que Steve McQueen avait fait retirer tout signe distinctif de la voiture. Voilà pourquoi comme la voiture du film, la nouvelle Bullitt n'a pas de cheval au galop au centre de la calandre.

+ 10 ch

Ne croyez pas que la Bullitt n'est qu'histoire de déco, puisque son V8 5.0 développe 460 ch au au lieu des 450 de la Mustang GT classique. Autres spécificités: la boîte à air est pour ainsi dire libre, et les tubulures d'admission sont plus larges. Le V8 de la Bullitt respire donc mieux que les autres, mais est-ce perceptible sur la route?

En fait, pas vraiment. Sur papier, la Bullitt est juste un peu plus réactive à bas régime, et a plus d'allonge à haut régime. Pour ce qui est de la réactivité à bas régime, bof. Dans la Bullitt comme dans une Mustang GT, on s'étonne même qu'un gros V8 américain soit si placide sous 4.000 tours. Le moteur est certes très élastique, on peut à peu près tout faire en 3ème, mais la relance canon dès 1.500 tours, oubliez. En revanche, dès qu'on passe les 4.000… Oh My God! La poussée augmente de façon exponentielle, tout comme le fabuleux volume sonore du V8. De l'art brut! Et jusqu'au régime peu courant de 7.250 tours, ça pousse encore.

Boîte virile

En clair, pour tirer le bon jus de la Mustang Bullitt, il faut conduire "à l'ancienne", maintenir le moteur à haut régime, donc jouer de la boîte manuelle 6. Et ça aussi, c'est un vrai plaisir. D'autant que la Bullitt a droit à un pommeau de vitesse rétro spécifique, qui tombe parfaitement dans la main. Et si le guidage de la commande de boîte est perfectible, on adore ses verrouillages bien marqués et le maniement un brin viril qu'ils exigent.

Le plus bluffant, c'est le comportement de la Mustang Bullitt, dont notre exemplaire recevait les suspensions pilotées magnétiques optionnelles. Au départ, on peut être un peu méfiant, car on prend pour des recherches d'appuis ce qui est en fait un contrôle des mouvements de caisse. En clair, le corps de la voiture sautille un peu, le nez semble renifler la route de gauche à droite, mais ce n'est qu'un maintien de la carrosserie. Après quelques minutes de conduite très agressive, on comprend en effet que la Mustang ne cherche pas ses appuis, elle les tient aussi fermement que McQueen tenait un flingue dans le film. Le grip est remarquable et quand tout se met en place, du maniement de la boîte à la gestion du régime, en passant par l'acceptation de ces fameux mouvements, c'est de la conduite sport et rock'n roll. Mais…

Le prix en tête

Mais justement, on peut préférer une conduite sport plus raffinée, plus pure. Honnêtement, on se dit parfois qu'il existe des voitures de 460 ch autrement plus abouties et sensationnelles que la Mustang. Puis on se rappelle que des voitures de 460 ch à 54.900€, y en a pas d'autre. Ah si, il y en a une à 450 ch et 47.900€: la Mustang GT. En clair, le rapport prix sensation de la Mustang reste imbattable. Et si vous trouvez les 7.000€ de supplément de la Bullitt un peu exagérés, dites

Ford Mustang Bullitt
Moteur : V8 atmo., essence, 5.038cc
460 ch à 7.250 t/min
529 Nm à 4.600 t/min
0-100 km/h : 4,6 secondes
Pointe : 263 km/h
Conso : 12,4 l/100 km
Moyenne de l'essai : 21 l/100 km (conduite très sportive)
CO2 : 277 g/km
Prix : 54.900€

Prêt pour la prochaine étape

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