Essai: Land Rover Discovery - Jeep Grand Cherokee – Le combat des chefs

La généralisation des SUV à deux roues motrices le confirme : les clients ne portent que peu d'intérêt aux capacités de franchissement de leur voiture. Il est pourtant deux marques pour qui passer partout est une question d'honneur : Jeep et Land Rover.

Et puisque le Grand Cherokee et le Discovery viennent d'être renouvelés, voyons s'ils tiennent toujours leurs promesses. 4,88 m de long, 1,94 de large et près de 1,8 m de haut : ce sont les dimensions déjà généreuses qu'affiche le Jeep Grand Cherokee, remis aux goûts du jour en fin d'année dernière. Ses proportions le rendent pourtant presque compact face au géant Discovery : 4,97 m en longueur, 2,07 en large et 1,85 en hauteur ! Mis côte à côte, les deux ne semblent donc par jouer dans la même cour, d’autant qu’ils affichent un style très différent : plutôt « sporty » pour l'Américain ; toujours très carré pour l'Anglais, qui adoucit toutefois ses angles tout en conservant l'allure typique de sa lignée. Les prestations sont-elles dans la même veine ?

Vie à bord

Ces proportions et ces looks très différents ont évidemment un impact direct sur l'habitacle de chacun des prétendants. Le Discovery se distingue toujours par sa capacité à emmener sept occupants grâce à ses deux sièges arrière escamotables (électriquement). Le coffre dans cette configuration est réduit à peau de chagrin, mais affiche une contenance remarquable de 1.137 litres en 5 places ! Le Grand Cherokee ne peut faire mieux, mais se montre tout de même parfaitement logeable du haut de ses 782 litres. Dans l'Anglais comme dans la Jeep, les occupants des places arrière profitent d'un espace aux jambes généreux, même avec un conducteur de plus d'1,85 m.

A l’avant, le Land fait la part belle aux traits rectilignes pour une apparence d'une propreté exemplaire, sans fioriture. On retrouve également les compteurs virtuels derrière le volant, et un écran tactile HD de 10'' pour commander le système multimédia. Dans la Jeep, le novice sera toujours étonné par quelques particularités très «américaines», à commencer par le frein de parking au pied. L'âge de la voiture se fait aussi sentir dans la présentation, plus chaleureuse que dans le Land, mais un peu datée malgré l'ajout lors du restylage d'un écran tactile de 8'', au rendu malheureusement moins valorisant que chez son concurrent. Dans les deux cas, le cuir à profusion est d'un bel effet et les assemblages sont précis, mais le Discovery marque des points par ses matériaux au toucher plus haut de gamme (notamment dans les parties basses) et ses plastiques qui sonnent moins creux.

Equipement

La modernité du Discovery se répercute aussi sur l'équipement dernier-cri dont il peut disposer. Système de freinage d’urgence avec détection piétons, reconnaissance des panneaux routiers, caméra à 360° et assistant aux manœuvres avec une remorque. Autant d'options qui alourdissent une facture de base déjà salée : à partir de 62.200€ avec la motorisation TDV6 qui nous occupe (77.700€ en finition HSE de notre essai) ! En dépit de son âge avançant, la Jeep ne démérite en rien. L’aide au maintien de voie, la gestion des parkings en parallèle et en épi, et une caméra pour le remorquage font partie des disponibilités. Et (presque) tout est fourni d'emblée en optant pour la finition Summit utilisée lors de notre essai,  affichée au tarif de 76.600€.

Sur la route

Avant d'aller jeter nos concurrents du jour dans la boue, voyons ce qu'ils valent sur route. L'un et l'autre embarquent une motorisation V6 3.0 diesel, de 240 chevaux dans l’Anglais, 250 dans l'Américain. Au moment de démarrer, ce dernier ne peut à nouveau cacher ses origines, avec un gros levier de boîte mécanique comme on les aime outre-Atlantique, qui tranche radicalement avec la commande électronique circulaire du Land Rover. Et la boîte qu'ils contrôlent affichent les même caractéristiques, se montrant nettement plus douce et réactive dans l'Anglais. Ce dernier se montre donc plus «dynamique», si l'on peut toutefois employer ce terme pour un engin qui dépasse allègrement les deux tonnes, d'autant que ses suspensions sont également plus fermes. Le grand Cherokee lui répond par un confort nettement plus moelleux qui fera merveille sur les voyages au long cours.

Dans la boue

Avec de tels blasons sur le capot, nous n'avons pas résisté à confronter nos prétendants hors des sentiers battus. Direction donc le domaine de Chérimont, près d'Andenne, pour une séance de tout

Dévers, contrôle de descente, bains de boue, on sent les entrailles de nos deux concurrents travailler efficacement pour se sortir de ces mauvais pas. Il n'y a en fait qu'un point où le Land prend un net avantage : le franchissement d'obstacles et la traversée de gués. Sa suspension pneumatique lui offre un débattement de 28,3 cm, lui autorisant de patauger dans 90 cm d'eau ! Avec 60 cm «seulement», son concurrent ne peut lutter, malgré une garde au sol de 27 cm avec la suspension pneumatique également.

Conclusion

Au final, même s'ils arborent des blasons qui promettent la même chose (du style, du confort et du franchissement), le Discovery et le Grand Cherokee sont assez différents. Vous avez besoin d'espace et les sous-bois sont votre lot quotidien ? Optez pour un Land Rover. Vous recherchez un confortable routier au long cours pour un excellent rapport qualité/prix, capable d’excursions champêtres occasionnelles ? Le Jeep est votre homme. S'il fallait toutefois désigner un vainqueur, ce serait le Discovery pour sa modernité, sa qualité de fabrication et ses capacités exceptionnelles hors du bitume.

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